Le courant suit rarement votre itinéraire au Maroc. Entre les nuits de bivouac, les coupures dans certains hébergements et les longues étapes de route, l’électricité en voyage demande un peu d’anticipation.
Les trois moments du voyage où le courant manque vraiment
Le courant manque surtout la nuit, au désert comme au bivouac, dans certains hébergements et pendant les longues étapes de route. Autour de Merzouga comme dans la vallée du Drâa, un bivouac s’installe loin de toute prise : une fois le soleil couché, la lampe, le téléphone et l’appareil photo comptent plus qu’à l’hôtel. Dans les riads et les maisons d’hôtes, le réseau n’est pas toujours continu, et la seule prise libre de la chambre se partage souvent entre plusieurs voyageurs. Le troisième moment, ce sont les étapes de route entre deux villes, surtout quand vous filmez ou travaillez en déplacement : la batterie du téléphone baisse, et la recharge se fait seulement en roulant.
Les besoins se concentrent donc sur trois moments : la nuit, le séjour et la route.
Ce qu’un voyageur a réellement besoin d’alimenter, par ordre de priorité
La priorité numéro un reste le téléphone, viennent ensuite les batteries d’appareil photo, l’ordinateur, la petite glacière, puis la lampe.
| Appareil | Puissance de charge | Besoin par jour |
|---|---|---|
| Téléphone | 5 à 20 W | 10 à 15 Wh |
| Batteries d’appareil photo | 10 à 30 W | 20 à 60 Wh |
| Ordinateur portable | 45 à 90 W | 80 à 250 Wh |
| Petite glacière | 40 à 60 W | 480 à 700 Wh |
| Lampe LED | 3 à 5 W | 10 à 20 Wh |
La glacière mérite une précision : son compresseur ne tourne pas en continu, il se déclenche par cycles, d’où un besoin quotidien très inférieur à sa puissance multipliée par vingt-quatre heures.
Ces ordres de grandeur suffisent à classer les besoins. Une charge de téléphone complète demande une dizaine de wattheures, une sortie photo en demande deux à quatre fois plus si vous changez de batterie, et l’ordinateur utilisé plusieurs heures pèse le plus lourd après la glacière.
À retenir : l’ordre de priorité va du téléphone à la glacière, et la lampe ferme la marche.
Les limites de la prise allume-cigare et des batteries externes classiques
La prise allume-cigare et les batteries externes classiques dépannent, mais elles atteignent vite leur plafond dès que la nuit tombe.
- Prise allume-cigare : la plupart des véhicules la limitent à 10 ou 15 A en 12 V, soit environ 120 à 180 W au total, et elle ne débite en général que lorsque le moteur tourne.
- Conversion 12 V vers 230 V : chaque passage par un convertisseur se paie en pertes, donc en wattheures perdus.
- Batteries externes : leurs ports USB livrent peu de watts, et une batterie de 20 000 mAh sous 3,7 V représente environ 74 Wh, soit moins d’une journée d’ordinateur. Il n’y a par ailleurs ni prise 230 V ni entrée solaire sérieuse.
- Temps de recharge : une batterie externe vidée se remplit sur un port USB, ce qui mobilise pendant plusieurs heures la seule prise disponible à l’étape.
Dans les deux cas, le plafond arrive avant vos besoins d’autonomie en bivouac.
Comment choisir son matériel avant de partir
Pour choisir, partez de votre itinéraire marocain et de la liste des appareils à alimenter, jamais du plus gros chiffre affiché sur la boîte. Pour ne pas repartir avec du matériel inadapté, un guide pour choisir sa station électrique portable détaille les critères qui pèsent réellement, de la capacité utile à la recharge solaire.
- Les appareils à alimenter en même temps, écrits avant le départ.
- Les sources de recharge de votre itinéraire : l’alternateur en roulant, une prise à l’étape, le soleil au bivouac.
- Le portage : ce que vous acceptez de sortir du coffre et de remonter chaque soir.
C’est donc l’itinéraire marocain qui fixe les priorités, pas la fiche technique.
Rester autonome en électricité au Maroc tient donc à trois réflexes : lister ses appareils, repérer les moments de coupure et prévoir deux sources de recharge. Le reste se joue au moment de l’achat, avec une station électrique portable adaptée à vos nuits de bivouac plutôt qu’à la plus grosse fiche du magasin.


