« Vivre au Maroc ou perdre leur enfant » : le combat poignant d’un couple pour réunir leur famille adoptive après deux ans d’attente
À savoir avant d’aller plus loin
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Le parcours d’un couple ardéchois, Saïda et Younesse El Bay, se transforme en véritable combat pour réunir leur famille, après avoir adopté un enfant au Maroc. En attendant depuis deux ans, leur histoire illustre les défis de l’adoption internationale.
- 🧭 La procédure de kafala est spécifique au droit musulman.
- 🧰 Opter pour un avocat local est souvent indispensable.
- 💸 Le coût d’une adoption peut atteindre plusieurs milliers d’euros.
- ⚠️ Connaître les lois est essentiel pour éviter des surprises.
Dans une petite commune de l’Ardèche, précisément à Meysse, se déroule une histoire qui touche les cœurs. Saïda et Younesse El Bay, un couple profondément attaché à leurs racines marocaines, vivent un combat tragique pour rétablir la complétude de leur famille. Leur récit commence en 2023, lorsqu’ils prennent la décision d’adopter un enfant après de nombreuses épreuves. Avec plusieurs tentatives de FIV et cinq fausses couches derrière eux, leur désir de devenir parents se transforme en une quête pour un petit garçon qu’ils nomment Ghali, né au Maroc.
Ce choix n’est pas anodin. Au Maroc, le processus d’adoption, connu sous le nom de kafala, est bien plus rapide qu’en France. Il s’agit d’une forme de tutelle sans filiation, ancrée dans le droit musulman. C’est ce qui pousse le couple à se tourner vers un avocat marocain afin de naviguer dans ce labyrinthe légal. Ils s’attaquent avec détermination à cette procédure, pensant que leur amour et leur foi en la possibilité d’une famille unie suffiront à surmonter les obstacles.
Les défis de l’attente
Le coup de théâtre arrive cependant assez rapidement. Le couple, qui espérait pouvoir accueillir Ghali dans leur foyer en France, fait face à un véritable mur administratif. Après trois recours et un refus final du Conseil d’État en France, Saïda et Younesse se retrouvent dans une impasse. La situation se complique et chaque jour d’attente devient un test pour leur amour et leur patience. Alors que Saïda vit à Fès avec Ghali, Younesse doit jongler entre sa vie professionnelle et des voyages fréquents pour les voir. Un mode de vie loin de celui qu’ils avaient envisagé.
Les difficultés ne se limitent pas à l’éloignement géographique. La législation française, qui ne reconnaît pas la kafala comme une adoption complète, joue également un rôle tragique dans leur histoire. Selon les autorités, les conditions entourant le recueil légal de Ghali seraient floues, compromettant ainsi leur droit de garder l’enfant.
Les motifs de refus et leurs conséquences
Les raisons avancées pour justifier ce refus sont pour le moins préoccupantes. Les déclarations de l’État français – « les circonstances de la mise en relation entre la mère du mineur et les demandeurs du recueil légal sont floues » – résonnent comme un écho d’incompréhension de leur réalité. Ce dernier affirmait qu’il y avait « incertitude sur le consentement à l’abandon ». Ces mots amènent Saïda à se tourmenter, tandis que le couple s’accroche à l’espoir de rétablir leur famille. Chaque Noël, ils se promettent: « Cette fois-ci, il sera là avec nous ».
Les experts juridiques soulignent qu’il est nécessaire de se préparer à des refus dans des cas d’adoption internationale, notamment lorsque la procédure est différente de celle suivie en France. La kafala est souvent mal comprise et trop souvent perçue comme une prise en charge provisoire, alors qu’elle représente pour de nombreuses familles, comme celle de Saïda et Younesse, le moyen de s’unir par l’amour parental.Une lecture enrichissante sur le sujet peut apporter un éclairage précieux.
Le combat pour la réunification familiale
Le combat pour réunir leur famille adoptive a des répercussions non seulement sur leur vie personnelle, mais aussi sur leur situation économique. « J’ai perdu 65 000 euros de chiffre d’affaires à cause de mes absences », se lamente Younesse. La pression professionnelle s’ajoute à la douleur émotionnelle de l’éloignement. Ils doivent jongler entre leur réalité maintenue à distance, et la création d’un environnement propice, bien qu’illusoire, pour leur fils.
Pour Saïda, l’expérience de vivre à l’étranger en tant que mère séparée de son époux entraîne des doutes et des peurs. « Je ne suis pas chez moi. Je pleure tous les jours. Je suis coupée en deux, » déclare-t-elle, illustrant la souffrance qu’engendre l’absence de son mari. Il est essentiel de comprendre, dans des situations comme celle-ci, que la loi ne prend pas toujours en compte le besoin humain fondamental d’amour et de lien familial.
- 🔄 La procédure de kafala nécessite de la patience et de la persévérance.
- 💔 La séparation peut peser lourdement sur la santé mentale des parents.
- 📝 Se tourner vers des avocats spécialisés peut aider à naviguer dans les complexités légales.
- 📈 La reconnaissance de la kafala en France est un enjeu crucial pour des couples comme Saïda et Younesse.
La voix de l’amour parental dans un monde bureaucratique
Dans le cadre de ce combat poignant et dramatique pour faire reconnaître leur droit à l’enfant, le couple met en lumière les manquements de la législation française en matière d’adoption internationale. La loi, par ses processus rigides, génère une dissonance entre l’esprit de la parentalité et les réalités administratives.
Alors que Saïda et Younesse se battent pour offrir à Ghali son droit à une enfance sereine, leur situation questionne les systèmes en place : « Soit on part vivre au Maroc avec lui, soit on nous retire l’enfant », prévient le juge marocain. Là, l’abandon pour « son bien-être » semble être la solution, tandis que les parents n’aspirent qu’à l’unité familiale. Cela soulève donc les enjeux de l’amour parental face à un système qui semble parfois déshumanisé.
| Critère | Situation actuelle | Solution envisagée |
|---|---|---|
| Reconnaissance de la kafala | Aucune reconnaissance en France | Négociations juridiques |
| Conséquences financières | Pertes professionnelles de 65 000 euros | Améliorer la situation professionnelle |
| État émotionnel | Coupés en deux | Reconstruire un cadre de vie ensemble |
Face aux défis de l’adoption internationale, plusieurs aspects demeurent flous, abordons quelques questions clés. Le processus de kafala est souvent mal compris hors du Maroc. En tant qu’acte de tutelle, il ne confère pas toujours les mêmes droits qu’une adoption conventionnelle en France, rendant son acceptation difficile par les autorités françaises. Un suivi juridique régulier peut aider à sécuriser le chemin de kafala. La kafala commence par la mise en relation avec un enfant par un intermédiaire ou une autorité locale. Les familles doivent ensuite remplir des conditions légales et administratives pour compléter le processus. Une bonne préparation administrative est cruciale. Les frais peuvent varier, mais les dépenses d’avocat, de voyage et de démarches administratives peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. Prévoir un budget conséquent est ainsi nécessaire pour éviter les mauvaises surprises. Chercher des aides spécifiques peut alléger le coût. De nombreux avocats sont spécialisés dans le domaine de l’adoption internationale. Se renseigner auprès d’organisations peut également fournir des ressources utiles pour naviguer dans la complexité des lois. Recherchez des associations dédiées au soutien des familles adoptives. Si la kafala n’est pas reconnue par le pays d’accueil, cela peut mener à des situations où l’enfant est placé dans une autre famille, ce qui représente une perte émotionnelle pour les parents adoptifs. Avoir un dossier solide est essentiel pour renforcer les chances de reconnaissance.questions fréquentes
Pourquoi le processus de kafala est-il si complexe ?
Comment se déroule la procédure de kafala ?
Quelles sont les implications financières d’une adoption internationale ?
Quel soutien juridique existe pour les adoptants ?
Y a-t-il des risques si la kafala n’est pas reconnue ?






