Au Maroc, la voix étouffée des ultras : « Nos chants résonnent chaque semaine, mais nos attentes restent ignorées »
À savoir avant d’aller plus loin
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Les ultras au Maroc sont bien plus que des supporters de football. Ils utilisent leur passion pour dénoncer les injustices sociales du pays, mais leurs revendications demeurent souvent ignorées.
- 🧭 Les chants des ultras expriment leur détresse et leur espoir.
- 🧰 L’importance du rôle des stades en tant qu’espaces d’expression.
- 💸 Le taux de chômage chez les jeunes est alarmant (38,4%).
- ⚠️ Les conflits à l’intérieur et autour des stades sont souvent exagérés.
Le phénomène des ultras au Maroc : un aperçu historique
Le mouvement des ultras au Maroc représente un phénomène social, culturel et politique unique. Au fur et à mesure que le football s’est ancré dans les cœurs des Marocains, les groupes de supporters ultras ont émergé pour revendiquer des voix dans un univers où le sport dépasse largement le simple cadre des matchs. Ces groupes, souvent formés autour de clubs emblématiques tels que le Wydad de Casablanca ou le Raja de Casablanca, ne se contentent pas de supporter leur équipe : ils cherchent à dénoncer les injustices dans la société marocaine.
Les chants émanant des tribunes ne sont pas seulement des répliques de la passion pour le football ; ils sont devenus des cris de ralliement pour un changement social. En effet, la saturation des frustrations face à des réalités telles que le chômage, la répression et la corruption ont transformé ces chants en véritables manifestations.
Le taux de chômage des jeunes touchait près de 38,4 % selon les derniers chiffres de 2025, rendant les stades des lieux d’évasion autant que de réflexion. Les ultras incarnent la représentation de la jeunesse, désillusionnée par un avenir incertain et désireuse de faire entendre ses attentes. Mais, malgré cette intensité, leurs voix restent souvent étouffées.
Des chants aux luttes sociales : l’évolution des messages
Les messages politiques véhiculés par les ultras ont évolué d’une simple célébration de l’équipe à des revendications plus profondes. Dans un pays où la liberté d’expression est parfois restreinte, ces chants offrent une plateforme publique pour faire entendre leurs voix. Par exemple, des slogans appelant à la justice sociale ou exprimant leur mécontentement face à la corruption et à l’inégalité sont de plus en plus fréquents.
Ces chants deviennent de véritables hymnes d’espoir et de lutte. Ils résonnent non seulement dans les stades mais aussi à l’extérieur, amplifiant le sentiment de solidarité au sein de la communauté. Dans les quartiers populaires, des jeunes se rassemblent autour de ces messages qui transcendent le cadre sportif.
Un exemple notable est celui de la Black Army, le groupe de supporteurs des Forces armées royales (FAR) de Rabat, qui utilise ses chants pour dénoncer la précarité et le chômage. Au-delà du football, ils incarnent la voix de ceux qui se battent pour leur place dans une société en mutation.
Les événements marquants : entre passion et répression
Les matchs de football au Maroc sont des spectacles captivants, mais ils peuvent aussi dégénérer en affrontements violents. Les conflits entre ultras d’équipes opposées ainsi qu’avec les forces de l’ordre ont laissé des traces. La réputation de certains ultras, souvent liée à des actes de violence, masque leur véritable quête : celle d’être entendus.
Le français Hubert Velud, ancien entraîneur des FAR, a témoigné de la passion débordante des ultras : « C’est comme si j’avais fait un long et beau voyage. J’attends toutes les semaines pour y aller. C’est le plaisir de sortir de la routine. » Cette déclaration souligne la dualité de la culture ultra, où l’amour du football est souvent entaché par des tensions.
Quand les chants se transforment en manifestations politiques, la répression peut s’intensifier. Les ultras n’hésitent pas à prendre des risques, sachant que leurs actions peuvent entraîner des répercussions judiciaires. Pourtant, ils choisissent de continuer, coûtant parfois leur liberté pour dénoncer des injustices.
Les impacts sur la culture populaire et la mémoire collective
Teintée par les luttes des ultras, la culture populaire marocaine connaît une évolution engagée. Les artistes, notamment dans le domaine musical, s’emparent souvent des thèmes abordés dans les chants des ultras, créant des œuvres qui font écho à cette réalité. Des groupes de rap et de musique populaire ont intégré des éléments des chants dans leurs compositions, donnant une nouvelle voix à ces luttes.
La mémoire collective s’enrichit à travers ces histoires de jeunes qui, au-delà des chants, bâtissent des communautés robustes. Les stades deviennent des lieux de mémoire, d’identité et de résistance. Les récits de camaraderie et de soutien mutuel se mêlent à ceux de la révolte, façonnant ainsi une identité collective forte.
Les défis d’une voix étouffée : attentes ignorées et perspectives d’avenir
Malgré l’énergie et la ferveur déployées par les ultras, leurs attentes restent souvent ignorées. Les besoins d’un véritable dialogue social sont urgents, mais la résistance semble continue. Alors que ces groupes s’organisent pour revendiquer leurs droits, ils se heurtent à un mur de silence de la part des autorités. C’est cette déconnexion, entre les chants exprimant l’espoir et la réalité, qui pose problème.
Pourtant, l’avenir des ultras ne repose pas uniquement sur le football. En créant des structures associatives, ces groupes ont la possibilité de changer la donne. Ils peuvent transformer leur passion en force collective pour le changement. Il va falloir travailler à bâtir des ponts entre leur réalité et celles des décideurs, rendant ainsi leur voix non seulement audible mais également respectée.
En somme, les ultras, à travers leurs chants et leurs luttes, incarnent un segment crucial de la société marocaine. Cette voix, bien que temporairement étouffée, a le potentiel de résonner plus fort, à condition d’être écoutée.
Tableau : Les défis des ultras et leurs attentes
| Défis | Attentes | Actions possibles |
|---|---|---|
| Repression | Liberté d’expression | Création de plateformes de dialogue |
| Exclusion sociale | Compétences et formations | Partenariats avec des ONG |
| Violence dans les stades | Promouvoir la paix | Campagnes de sensibilisation |
Des réponses aux questions souvent posées sur le mouvement des ultras au Maroc. Les ultras cherchent à exprimer leur passion pour le football tout en dénonçant les injustices sociales, politiques et économiques. Ils espèrent créer des changements positifs au sein de leur communauté. Les chants inspirent des artistes locaux, notamment dans la musique et le rap, qui intègrent ces thèmes de lutte et de résistance. Cela enrichit la culture populaire marocaine tout en lui donnant une portée sociale. Il existe une déconnexion entre les leaders politiques et les besoins réels des ultras, souvent perçus comme conflictuels. Un dialogue ouvert est nécessaire pour faire avancer leurs demandes. Ils peuvent faire face à des répressions, des arrestations ou des violences de la part des forces de l’ordre lors de manifestations. Ce risque ne les empêche toutefois pas de continuer à revendiquer leurs droits. En créant des associations, des plateformes de dialogue et en s’engageant dans des actions communautaires, les ultras peuvent faire entendre leur voix. L’unité est la clé de leur succès futur.questions fréquentes
Quels sont les principaux objectifs des ultras au Maroc ?
Comment les chants des ultras influencent-ils la culture populaire ?
Pourquoi les revendications des ultras sont-elles souvent ignorées ?
Quels sont les risques encourus par les ultras lorsqu’ils expriment leur mécontentement ?
Comment peuvent-ils changer la donne ?






