Le Maroc fait partie des premières destinations des pensions françaises versées hors de France. Climat clément, coût de la vie inférieur d’environ 40 %, trois heures d’avion depuis Paris : les arguments sont connus. Ce qui l’est moins, c’est la mécanique administrative qui permet d’encaisser sa retraite sur place sans mauvaise surprise. Compte bancaire, résidence fiscale, certificat de vie : mieux vaut mettre son dossier au carré, si possible avant le départ.
Le compte bancaire : convertible ou non convertible ?
Tout commence à la banque. Un retraité étranger installé au Maroc ouvre le plus souvent un compte en dirhams convertibles, alimenté depuis l’étranger, qui autorise le rapatriement libre des fonds. Sauf que l’avantage fiscal le plus intéressant dépend, lui, du transfert à titre définitif des pensions en dirhams non convertibles. Le choix n’est donc pas anodin : il joue sur votre souplesse en cas de retour comme sur le montant de votre impôt marocain. Les grands réseaux locaux ont des offres dédiées aux non-résidents et aux retraités, avec virement SEPA entrant et carte adossée au compte. Pour comparer les démarches, les pièces exigées et la fiscalité selon votre profil, cliquez-ici. À l’ouverture, prévoyez passeport, justificatif de domicile marocain, attestation de pension et parfois un premier dépôt. Comptez quelques jours ouvrés. Et regardez de près les frais de change : sur un virement mensuel de 2 000 euros, l’écart entre deux établissements finit par se voir sur l’année.
Où l’impôt est-il dû ?
La convention fiscale franco-marocaine de 1970 répartit les droits d’imposition. Les pensions du secteur privé sont imposables dans l’État de résidence, donc au Maroc dès lors que vous y avez votre foyer permanent ou que vous y séjournez plus de 183 jours sur douze mois. Les pensions publiques, elles, restent taxées en France. Le levier marocain est costaud : une réduction de 80 % de l’impôt dû sur les pensions de source étrangère transférées définitivement en dirhams non convertibles.
| Type de revenu | Imposition | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Retraite privée (régime général, Agirc-Arrco) | Maroc | Réduction de 80 % sous condition de transfert |
| Pension de la fonction publique ou militaire | France | Retenue à la source, barème des non-résidents |
| Revenus fonciers français | France | Reste déclarable, même en résidant au Maroc |
Bonne nouvelle côté français : en quittant la résidence fiscale française, vous n’êtes plus redevable de la CSG-CRDS sur vos pensions. Une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % peut en revanche être prélevée si vous gardez une couverture santé française. Transmettez le formulaire d’attestation de résidence fiscale à votre caisse pour éviter une double ponction.
Les justificatifs à ne pas rater
Le talon d’Achille du retraité expatrié, c’est le calendrier des pièces à fournir. Un oubli suspend le versement, et la régularisation prend souvent plusieurs semaines.
- Le certificat de vie annuel : un seul envoi mutualisé pour toutes vos caisses, via le service dédié aux retraités à l’étranger sur le portail info-retraite, avec signature d’une autorité locale ou du consulat.
- L’attestation de résidence fiscale délivrée par l’administration marocaine, à renouveler chaque année.
- Le relevé bancaire marocain (RIB) transmis à chaque caisse, base et complémentaire.
- La carte d’immatriculation marocaine, valable un an puis renouvelable pour des durées plus longues.
- La déclaration annuelle de revenus auprès de la Direction Générale des Impôts, avec les attestations de transfert bancaire à l’appui.
Gardez systématiquement les avis de virement de vos caisses et les justificatifs de change. Ce sont eux qui prouvent le caractère définitif du transfert, sans quoi l’abattement de 80 % vous passe sous le nez. Une chemise, un scan, et l’administration devient nettement moins intimidante.


